Une histoire de loup

Depuis les temps préhistoriques, l’homme a trouvé le loup sur son chemin. L’ancienne institution de la louveterie, qui avait pour but la destruction de ce prédateur, remonte au règne de Charles VI qui l’établit en 1404. Cette institution disparut à la Révolution, mais la grande multiplication des loups força la Convention à confier leur destruction à des particuliers et à ordonner des battues générales. Ainsi la destruction des loups a toujours été encouragée, mais aussi stimulée par des primes, parfois très élevées, payées par I’administration.
Histoires de Liorac : les temps modernes
1811-1911 Les pavés de grès de la forêt de Liorac.
Les carriers de Liorac.
1824 De la fausse monnaie circule à Liorac.
1834 le maire mène l'enquête.
1835, les réponses du maire, F. Beneys, à l'enquête
de Cyprien Brard donnent une image détaillée de Liorac.

1848-1849 Troubles à Liorac lors de l'élection du premier président de la République au "suffrage universel".
Recensements 1846-1936. Evolution des métiers au bourg de Liorac.
1852, l'agriculture à Liorac (enquête statistique)
1813-1975 : Médaillés de la Légion d'honneur à Liorac
1836-1863 La formidable aventure de la route n°27
          le grand chambardement du bourg
          la naissance du haut Liorac
1876-1904 Construction de la maison d'école
1870-1871 : une guerre oubliée. Soldats de Liorac
1888 Une histoire de loup à Liorac.
1883 Les problèmes d'ordures à Liorac ne datent pas d'aujourd'hui !
1894 L'école de fille à Liorac devient école laïque.
1897-1965 Le bureau de poste de Liorac
1902 Le curé Tafforeau au moment des élections.
Vers 1905, c'était encore le temps des loups à Liorac.
1913 Les pilules roses pour personnes pâles.
1925 L'électrification du bourg.
L'adduction d'eau, un marathon de plus de 45 ans :
         Avant l'adduction d'eau, les puits.
         1913-1914, une première tentative
         D'une guerre à l'autre
         1958, l'eau arrive enfin dans le bourg !
          1959-1969,10 ans de plus pour alimenter tous les hameaux de Liorac
1917 Haro sur les nuisibles.
1918 Les soldats de Liorac "Morts pour la France".
Vers 1920, la laiterie des Bigayres
1922 Le Monument aux morts de Liorac.
1925 L'électrification du bourg.
1919-1965 L'autobus de Liorac.
1939-1945 Deux "Morts pour la France" à Liorac.
1940-1945 Maurice Sarazac, Compagnon de la Libération.
1950-1965 La tournée de Denise.
Dans les années 50, l'épicerie Carbonnel.
Dans les années 50, la boulangerie Chassagne.
Dans les années 50-60, la fête à Liorac.
1961 Le tour de France passe pour la première fois à Liorac.

 
A Liorac, tout commence un matin de juillet 1888,
Jean Roussel part rejoindre son chantier dans la forêt de Liorac. Il habite la Pigne et il est carrier. Dans un sentier, il remarque des traces qu'à cette époque encore tous les paysans connaissent : des empreintes de loups !

Le lendemain, c'est dimanche : il décroche son fusil et part vers le sentier. Il va vite trouver deux louveteaux . Il les abat de deux coups de fusil, ramasse les bêtes et rentre à la Pigne. Il a eu de la chance, les adultes n'étaient pas là ...

Le lendemain, lundi 30 juillet, il part à la mairie porter les dépouilles pour réclamer sa prime. En effet depuis longtemps des primes sont promises pour la destruction des loups. La loi du 3 août 1882 en fixe le montant : 100 F pour un loup, 150 F pour une louve pleine, 40 F pour un louveteau, c'est à dire un animal dont le poids est inférieur à 8 Kg. Jean Roussel est content, cela va faire rentrer 80 F , ce qui est une aubaine, il a une famille à nourrir et malgré la dureté du métier, un carrier ne gagne pas beaucoup.

A la mairie, le représentant du maire dresse le procès verbal, décrivant soigneusement les circonstances de la capture, ayant soin de mentionner le sexe et le poids des bêtes : un mâle et une femelle de 6,5 Kg chacun. Il demande si ces animaux se sont jetés sur des êtres humains et la réponse de Jean Roussel est négative. La loi prévoit en effet que la prime sera élevée à 200 Fr si une telle attaque a eu lieu.
Il demande alors à Jean Roussel de dépouiller les animaux, mais celui ci ne souhaite pas garder les peaux et ne conserve que les quatre oreilles. Puis les animaux sont enfouis dans une fosse de 1m de profondeur.
Ce procès verbal sur papier timbré est lors envoyé au Préfet.

Quelques jours plus tard, le 10 août, la réponse de la préfecture arrive :
"Le procès verbal doit mentionner que les louveteaux ont été dépouillés et enfouis à 1 mètre 35 centimètres de profondeur : cette constatation est de rigueur pour que le Sr Roussel Jean puisse recevoir la prime."

Dépouillés, pas dépouillés ? 1 m ou 1 m35 ? DEJA LES BIENFAITS DE l'ADMINISTRATION ! Donc, à moins que le maire n'ait modifié le procès verbal, Jean Roussel n'a pas dû obtenir sa prime.

Source : Archives de la Mairie de Liorac.

@ Marie-France Castang-Coutou
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