1925 Electrification du bourg

page mise en ligne le 24 mars 2021.      
Liorac en 1925 :
La nouvelle route traverse maintenant le bourg, l'école est construite et le monument aux morts en hommage aux soldats morts pour la France pendant la guerre de 14-18 se dresse maintenant sur la place de l'école.

Le recensement de 1921 a comptabilisé 425 habitants, presque tous des agriculteurs. Seuls quelques métiers traditionnels -meunier, boulanger, charpentier, forgeron, sabotier- existaient encore. La population était très dispersée : une centaine d'habitants au bourg et plus de 300 personnes dans les différents hameaux de la commune.
Les maisons ne recevaient toujours pas l'eau potable, le projet d'adduction d'eau datait d'avant la guerre mais le conflit avait tout annulé.
Ces quatre années de guerre avaient fortement traumatisé la population, laissant des familles en deuil, des veuves et des orphelins. Mais la population a envie de renouveau et quoi de mieux que la "fée électricité " pour améliorer le confort et peut être arrêter l'exode rural ? En effet l'attrait de la ville et des ses commodités entrainait à Liorac, comme partout en France, une inexorable diminution de la population dans les campagnes.
1800-1940 Démographie et mortalité infantile à Liorac.
1811-1911 Les pavés de grès de la forêt de Liorac.
Les carriers de Liorac.
1824 De la fausse monnaie circule à Liorac.
1834 le maire mène l'enquête.
1835, les réponses du maire, F. Beneys, à l'enquête de Cyprien Brard donnent une image détaillée de Liorac :
          L'agriculture en 1835
          L'industrie en 1835
          Hygiène et santé publique en 1835
          Antiquités et Curiosités en 1835
1848-1849 Troubles à Liorac lors de l'élection du premier président de la République au "suffrage universel".
1846-1936 : Evolution des métiers au bourg de Liorac.
1852, l'agriculture à Liorac (enquête statistique)
1853-1854 : de quoi mourrait-on à Liorac ?
1854-1856 : soldats de Liorac pendant la guerre de Crimée
1836-1863 La formidable aventure de la route n°27
          le grand chambardement du bourg
          la naissance du haut Liorac
1876-1904 Construction de la maison d'école
1870-1871 : une guerre oubliée. Soldats de Liorac
1888 Une histoire de loup à Liorac.
1883 Les problèmes d'ordures à Liorac ne datent pas d'aujourd'hui !
1894 L'école de filles à Liorac devient école laïque.
1897-1965 Le bureau de poste de Liorac
1902 Le curé Tafforeau au moment des élections.
Vers 1905, c'était encore le temps des loups à Liorac.
1913 Les pilules roses pour personnes pâles.
1913-1969 L'adduction d'eau, un marathon de plus de 45 ans :
    Avant l'adduction d'eau, les puits.
    1913-1914, une première tentative
    D'une guerre à l'autre
    1958, l'eau arrive enfin dans le bourg !
    1959-1969,10 ans de plus pour alimenter tous les hameaux
1917 Haro sur les nuisibles.
1914-1918 : la guerre
1919-1965 L'autobus de Liorac.
Vers 1920, la laiterie des Bigayres
1922 Le Monument aux morts de Liorac.
1925 L'électrification du bourg.
1939-1945 Deux "Morts pour la France" à Liorac.
1940-1945 Maurice Sarazac, Compagnon de la Libération.
22 juin 1944 : les troupes allemandes traversent Liorac.
1813-1975 : Médaillés de la Légion d'honneur à Liorac
1950-1965 La tournée de Denise.
Dans les années 50, l'épicerie Carbonnel.
Dans les années 50, la boulangerie Chassagne.
Dans les années 50-60, la fête à Liorac.
1961 Le tour de France passe pour la première fois à Liorac.

 
Le recensement de 1921 a comptabilisé 425 habitants, presque tous des agriculteurs. Seuls quelques métiers traditionnels -meunier, boulanger, charpentier, forgeron, sabotier- existaient encore. La population était très dispersée : une centaine d'habitants au bourg et plus de 300 personnes dans les différents hameaux de la commune.
Les maisons ne recevaient toujours pas l'eau potable, le projet d'adduction d'eau datait d'avant la guerre mais le conflit avait tout annulé.
Ces quatre années de guerre avaient fortement traumatisé la population, laissant des familles en deuil, des veuves et des orphelins. Mais la population a envie de renouveau et quoi de mieux que la "fée électricité " pour améliorer le confort et peut être arrêter l'exode rural ? En effet l'attrait de la ville et des ses commodités entrainait à Liorac, comme partout en France, une inexorable diminution de la population dans les campagnes.
L'électrification d'une commune consite à conduire le courant électrique d'une usine au centre d'un bourg et si possible jusqu'aux hameaux plus éloignés. La configuration géographique de Liorac n'était guère favorable à une telle entreprise : vaste commune accidentée, sous sol rocheux, et population dispersée. Pourtant la population souhaite de la lumière, comme dans les villes, les lampes à pétrole et les calels fumeux n'éclairent plus assez les logis; L'éclairage est la fonction première recherchée, mais elle n'est pas la seule : l'électricité fournit également une source de force qui sera surtout utile pour actionner des moteurs chez les artisans et dans les fermes.
mais d'où provenait le courant ?
La source d'énergie provenait des installations hydrauliques sur la Dordogne : pour Liorac, le barrage et l'usine de Tuilières exploités par la Société Energie Electrique du Sud-Ouest EESO. Cette société fut constituée en 1906 pour distribuer dans tout le Sud-Ouest de la France (en particulier dans la région bordelaise) l'énergie électrique produite par l'usine hydroélectrique de Tuilières . La commune de Liorac avait de la chance puisque la ligne de Tuilères à Périgueux passait en bas du bourg.
Le raccordement électrique va être assez facile pour le bourg : et les habitants l'ont bien compris puiqu'ils adressent le 15 septembre 1923, une pétition au Conseil Municipal :
Pétition des habitants du bourg de Liorac en faveur de l'installation de l'électricité par la société EESO. Considérant que la ligne à haute tension de l'EESO conduisant le courant vers Périgueux passe au fond du bourg et que de ce fait il paraît étrange de ne pas profiter de ce voisinage.
Le Conseil Municipal et le maire, Jean PROPY, prennent en considération cette demande et décident qu'ils prendront environ 50 lampes pour l'éclairage des rues et des divers bâtiments communaux. Ils prient le directeur de l'EESO de leur faire connaître approximativement le montant des frais d'intallation pour la commune et pour les pétitionnaires ainsi que les moyens pour arriver à une solution rapide.

le 17 février 1924 première réponse de l'EESO
évaluant les travaux à environ 20 000F
, mais le montant exact ne sera connu qu'après une étude sur le terrain. Après plusieurs délibérations du Conseil Municipal pour régler les détails de ce que la commune prendra à sa charge, et plusieurs courriers avec l'entreprise, le projet définitif est accepté : la commune prend en charge la ligne haute tension jusqu'au transformateur près du cimetière, puis la ligne de distribution jusqu'en haut du bourg et le branchement des Bigayres. Par contre (allez savoir pourquoi?) le branchement de la Roque reste entièrement à la charge du propriétaire. De plus les frais assez élevés de branchement de la mairie à la Martigne et à Quiassel (4500F) seront partagés entre la commune (2500F) et les particuliers (2000F).

Le dernier plan établi par l'EESO le 17 novembre 1924 est présenté au Conseil le 23 novembre. Le montant de la participation de la commune aux frais d'installation est arrêtée à la somme de 20 000F. 2200F pour la ligne de branchement à la haute tension et 17800F pour le réseau de distribution à basse tension, y compris le transformateur.

Le Conseil ayant donné son accord, il convient d'ouvrir l'enquête d'utilité publique obligatoire : mais "l'enquête sur le projet d'établissement d'une distribution d'énergie électrique dans la commune de Liorac n'a soulevé aucune observation". Le projet est donc définitivement accepté.

le financement : la municipalité doit trouver 20000F
► une souscription auprès des habitants a fourni 5690 F
► la municipalité doit donc emprunter le complément des ressources nécessaires soit 14310 F et demande au préfet d'autoriser la commune à contracter un emprunt de cette somme amortissable en 30 ans au Crédit Foncier au taux de 7,75 %, ce qui parait un taux relativement élevé. Le montant de l'annuité sera de 1234,37F. Le remboursement de l'emprunt s'effectuera à l'aide d'une imposition extraordinaire de 27,4 c pendant 30 ans (donc jusqu'en 1955 !).
Pour cette somme le bourg reçoit ainsi l'électricité, mais les autres hameaux devront attendre et sans doute ouvrir leur porte-monnaie pour obtenir le branchement au réseau électrique.

RÉFÉRENCES : Archives Départementales de la Dordogne 12O269
Archives de la mairie de Liorac, délibérations du Conseil Municipal.
 

1813-1975 : Les médaillés de la Légion d'honneur à Liorac

@ Marie-France Castang-Coutou
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