L'adduction d'eau à Liorac :
d'une guerre à l'autre

Page mise en ligne le 11 février 2021 .      
La première guerre mondiale qui a duré quatre ans a laissé le village exsangue : la disparition de certains hommes a généré une situation précaire pour de nombreuses familles, femmes, enfants et vieillards sans soutien financier. La municipalité doit faire face à toutes cette misère et une partie du budget communal est utilisé pour aider les familles et les vieillards nécessiteux.
De plus, l'entretien des chemins communaux reste toujours LE problème de la municipalité : les hommes qui sont revenus de la guerre travaillent à remettre en état les propriétés, qui malgré le courage des femmes pendant tout le conflit, ont souffert du manque de bras. Les hommes ne sont donc plus disponibles pour entretenir les chemins communaux (ils payaient souvent leurs taxes en nature, fournissant leur travail à la place d'argent).
La situation budgétaire est donc difficile et il est hors de question de voter des impôts supplémentaires (centimes additionnels) pour rembourser des emprunts. D'autant qu'un autre projet est déjà dans les cartons : l'électrification du bourg.
Le projet d'adduction d'eau va être suspendu malgré l'obtention de subventions : Ainsi, le 12 octobre 1920, le Sous Préfet écrit au maire de Liorac : "la commune de Liorac a demandé une subvention sur les fonds du Pari Mutuel pour l'adduction d'eau potable, je vous prie de me faire connaître d'urgence si vous avez l'intention d'entreprendre en 1921 les travaux prévus au cas où un secours vous serait accordé lors de la prochaine répartition". En effet, cette fameuse commission de répartition se réunit à nouveau et accorde la part de la dépense qui n'avait pu être retenue précédemment : sur la somme de 52800F subventionnée à 50%, 20000F accordés en 1914 et 32800F accordés le 4 mars 1921.
Histoires de Liorac : les temps modernes
1811-1911 Les pavés de grès de la forêt de Liorac.
Les carriers de Liorac.
1824 De la fausse monnaie circule à Liorac.
1834 le maire mène l'enquête.
1835, les réponses du maire, F. Beneys, à l'enquête
de Cyprien Brard donnent une image détaillée de Liorac :

          L'agriculture en 1835
          L'industrie en 1835
          Hygiène et santé publique en 1835
          Antiquités et Curiosités en 1835
1848-1849 Troubles à Liorac lors de l'élection du premier président de la République au "suffrage universel".
1846-1936. : Evolution des métiers au bourg de Liorac.
1852, l'agriculture à Liorac (enquête statistique)
1836-1863 La formidable aventure de la route n°27
          le grand chambardement du bourg
          la naissance du haut Liorac
1876-1904 Construction de la maison d'école
1870-1871 : une guerre oubliée. Soldats de Liorac
1888 Une histoire de loup à Liorac.
1883 Les problèmes d'ordures à Liorac ne datent pas d'aujourd'hui !
1894 L'école de filles à Liorac devient école laïque.
1897-1965 Le bureau de poste de Liorac
1902 Le curé Tafforeau au moment des élections.
Vers 1905, c'était encore le temps des loups à Liorac.
1913 Les pilules roses pour personnes pâles.
1913-1969 L'adduction d'eau, un marathon de plus de 45 ans :
    Avant l'adduction d'eau, les puits.
    1913-1914, une première tentative
    D'une guerre à l'autre
    1958, l'eau arrive enfin dans le bourg !
    1959-1969,10 ans de plus pour alimenter tous les hameaux
1917 Haro sur les nuisibles.
1918 Les soldats de Liorac "Morts pour la France".
1919-1965 L'autobus de Liorac.
Vers 1920, la laiterie des Bigayres
1922 Le Monument aux morts de Liorac.
1925 L'électrification du bourg.
1939-1945 Deux "Morts pour la France" à Liorac.
1940-1945 Maurice Sarazac, Compagnon de la Libération.
22 juin 1944 : les troupes allemandes à Liorac.
1813-1975 : Médaillés de la Légion d'honneur à Liorac
1950-1965 La tournée de Denise.
Dans les années 50, l'épicerie Carbonnel.
Dans les années 50, la boulangerie Chassagne.
Dans les années 50-60, la fête à Liorac.
1961 Le tour de France passe pour la première fois à Liorac.

 
Le projet initial serait donc subventionné à 50% mais le 26 MARS 1922, le Conseil Municipal déclare "le projet établi en 1914 pour lequel on avait obtenu une subvention de 50% sur les fonds du Pari Mutuel, n'a pu être exécuté par suite de la guerre et qu'actuellement le projet qui s'élevait à 52800F coûterait au moins 4 fois plus, c'est à dire plus de 200 000F : dans ces conditions, le projet est abandonné pour le moment du moins.". La subvention est donc annulée. Il va falloir attendre plus de 30 ans pour que de l'eau potable arrive enfin dans les maisons et en attendant les habitants du bourg continuent à consommer l'eau des puits contaminée par le bacille de la typhoïde !!! et en 1939, c'est à nouveau la guerre !

A la fin du conflit le 26 mars 1944, le maire, Mr FAGET, relance le projet devant le Conseil, évoquant "la situation du bourg au point de vue de son alimentation en eau potable" et déclarant que "la situation de certains villages environnants ainsi que plusieurs fermes est encore pire". Dans le but de faire cesser cet état de choses, il propose:
► de faire procéder à l'étude d'un projet qui, suivant les directives ministérielles, doit être effectué sous la direction du Génie Rural. Ce projet d'alimentation en eau potable est plus ambitieux que celui de 1913 qui était limité au bourg et au hameau de la Raffigne : il doit être élargi et concerner le bourg, Quiassel, La Martigne, Malbasty, La Roche, La Vieille Roche, Les Granges, La Pigne, La Roque, La Bernarde, les Bigayres, Carrieux, La Gareille et la Raffigne.
détails du projet : cahier des charges du 16 juillet 1958
- le captage a été effectué en 195? avec l'aide du Ministère de l'agriculture (mais je n'ai trouvé aucun détail sur les rapports du Conseil Municipal)
- le débit de la source n'a jamais été inférieur à 2 litres/seconde
- station de pompage en surélévation de la prise d'eau
- la quantité d'eau à élever par jour est de 55m3 environ. Il sera installé dans la station de pompage deux groupes électro-pompes (on est loin du moteur à vent du projet initial !).
- un appareil à stérilisation à l'eau de Javel sera placé dans la station de pompage.
- un réservoir surélévé en béton armé de 75m3 de capacité sur une tour de 7 m sera placé à environ 150m à l'ouest du bourg et au point culminant.
- l'équipage hydraulique comprendra des canalisations de refoulement, de trop plein, de distribution avec départ incendie, de vidange. avec les diamètres adaptés.
- les conduites de distribution : 3141 m de canalisations de diamètre 60mm.
► de demander une subvention pour l'exécution ultérieure des travaux. La partie sous domaine public est admise à subvention, alors que la partie sous domaine privé, la fourniture et la pose des compteurs reste à la charge de la commune.

references :
► Archives Départementales de la Dordogne :
adduction deau Liorac: dossier "12O269" période 1913-1935
adduction d'eau Liorac: dossier "9W art.360", période 1944-1959

1958, l'eau arrive enfin dans les maisons du bourg

@ Marie-France Castang-Coutou
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