Les mariages de l'Empereur


Napoléon est Empereur. Il a épousé en 1796 Joséphine de Beauharnais qui a été couronnée avec lui, mais ce mariage resté sans enfants, se termine par un divorce.
En 1810, Napoléon épouse l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche.
A l'occasion de ce deuxième mariage, Napoléon prend un décret : il s'agit de marier dans tout l'Empire, 6000 militaires retraités, ayant fait au moins une campagne, en dotant les fiancées. A cette époque l'Empire français comprend une grande partie de l'Europe. Comme le montre le décret impérial suivant, le choix des villes et villages où devra se dérouler un tel mariage fut très réglementé.
 
DÉCRET IMPÉRIAL contenant les Actes de bienfaisance et d’indulgence à l’occasion du Mariage de Sa Majesté Empereur et Roi, NAPOLÉON, EMPEREUR DES FRANÇAIS, ROI D’Italie, PROTECTEUR DE LA CONFÉDÈRATION DU RHIN, MÉDIATEUR DE LA CONFÉDÉRATION SUISSE, voulant marquer l’époque de notre mariage par des actes d’indulgence et de bienfaisance NOUS AVONS DÉCRÉTÉ ET DÉCRÉTONS ce qui suit :
TITRE IV Du mariage de six mille Militaires
5. Six mille militaires en retraite, ayant fait au moins une campagne, seront mariés le 22 avril prochain, avec des filles de leurs communes, auxquelles il sera accordé une dot de douze cent francs pour Paris, de six cents francs dans le reste de l’Empire, à savoir : soixante dans la ville de Paris , dix dans chacune des villes dont l’état est annexé au présent décret (A), cinq dans chacune des villes dont l’état est annexé au présent décret (tableau B), deux dans chacune des villes dont l’état est annexé au présent décret (tableau C) , un dans chacune des justices de paix de l’Empire.
6. Les militaires et les filles à marier seront choisis de la manière suivante, à savoir :
Pour la ville de Paris, par délibération du conseil général faisant fonction de conseil municipal, approuvée par le préfet.
Pour les villes chefs-lieux de département, par délibération du conseil municipal, approuvée par le préfet.
Pour les villes qui ne sont pas chefs-lieux de département, par délibération du conseil municipal, approuvée par le sous-préfet.
Pour les justices de paix, par une commission composée de deux maires et de deux curés désignés par le sous-préfet, et du juge de paix, qui présidera la commission et la réunira dans son domicile.
7. Les communes qui ne seraient pas comprises dans les articles précédents, pourront sur la délibération du conseil municipal, approuvée par le sous-préfet, marier un militaire et une fille de la commune, en se conformant, pour le choix et pour la quotité de la dot, aux dispositions ci-dessus.

Après réunion de la commission du canton de Lalinde, nommée par le sous préfet (Lalinde était alors justice de paix), il fut décidé qu'un mariage serait célébré à Liorac à l'occasion de celui de l'Empereur entre :
Jean PUREY âgé de 34 ans, originaire de Douville, fils de Jean Purey et de Jeanne Roque, métayers à Douville. Militaire retiré (il était "chasseur au 14eRgt d'Infanterie Légère), Jean PUREY était au moment de son mariage cabaretier au bourg de Liorac.
Jeanne PATENCHON âgée de 33 ans et neuf mois, née à Langon en 1776, de Jean Patenchon et de Catherine Saint-Levin, domiciliée dans la présente commune. Elle était cuisinière.

La transcription de l'acte est disponible en cliquant sur le livre:
Dans le bourg de Liorac, il y a une maison avec une décoration de faîtage représentant une petite statue de Napoléon. Il y a peut être une relation avec cette histoire ?
Cette statue indiquerait-elle le cabaret de notre militaire?



LA SUITE DE L'HISTOIRE
Récemment des travaux sur la toiture de cette maison ont permis d'accéder à la statue, et de la descendre pour la nettoyer. On peut maintenant y lire nettement une date "1840", une inscription "napoléon" et on y distingue également une décoration en forme de croix. Jean PUREY est mort en 1841 à Bordeaux. Il a donc pu faire réaliser et installer cette statue de son vivant. Comme on peut le voir sur la photo, la statue est de facture assez grossière, sans doute l'oeuvre d'un tailleur de pierres local. Néanmoins, Jean Purey avait les moyens de payer une telle "réalisation" puisqu'il était devenu "homme d'affaires" chez Mr Daugeard, propriétaire du château de Tiregand, commune de Creysse. Son épouse, Jeanne Patanchon, était cuisinière au château et ses enfants sont nés à Tiregand.

@ Marie-France Castang-Coutou
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