Contrats de mariages
à Liorac au cours du XIXe siècle

La Révolution a instauré le mariage civil remplaçant le mariage célébré dans l'église. Pourtant malgré ce changement majeur, les habitudes et traditions sont conservées lors des mariages :
1-obtenir le consentement des parents,
2- faire publier les bans,
3- le plus souvent passer un contrat de mariage

devant un notaire quelques jours avant le mariage. Plusieurs exemples de ces contrats du XIXe siècle sont examinés.



LES NOTAIRES
Il n'y avait pas de notaire à Liorac, et donc les familles s'adressaient aux notaires du voisinage pour rédiger tous les actes de la famille et en particulier les contrats de mariage, à Cause de Clérans ou à Mouleydier ou parfois plus loin (Beauregard et Bassac , Lalinde ou Bergerac). Les dates sous le nom des notaires correspondent aux périodes pour lesquelles des minutes notariales existent encore aux Archives de la Dordogne : les minutes sont regroupées en liasses par une ou deux années et malheureusement elles sont souvent en désordre, il faut consulter un nombre considérable de références et s'armer de patience ! Mais la découverte de certains actes éclaire la vie des Lioracois d'autrefois.

Commune

Notaire

Cause de Clérans

CHANUT 1813-1848

DUTAUZIN 1852-1865

LAUBIÉ 1865-1887

Mouleydier

MACEROUZE 1841-1847

LATERRIERE 1849-1891

Beauregard et Bassac

Le BOEUF 1868-1904


EXEMPLES DE CONTRATS DE MARIAGES À LIORAC AU XIXe
Nous allons à présent examiner quelques contrats de mariages passés entre Lioracois d'origine sociale différente (cultivateurs, ouvriers et artisans, propriétaires et classe sociale plus élevée) au cours du XIXe siècle. La signature de ce contrat intervenait dans les jours précédents le mariage, parfois le jour même.
Les contrats adoptent toujours la même structure : le notaire s'identifie en premier, puis vient le futur époux qui précède toujours la future épouse (qui sera placée sous son autorité). La filiation des futurs époux est ensuite indiquée, la présence des parents consentants qui assistent et conseillent les deux parties est ensuite mentionnée ainsi que les témoins et les signatures.

Les 16 contrats examinés sont passés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts que les époux pourront faire ensemble ou séparément pendant leur mariage.
Les biens que chacun des époux apporte sont soigneusement détaillés, évalués et consignés dans le contrat :
ce sont essentiellement des sommes d'argent apportées par les futurs époux ou données par les parents, des meubles, du linge, et parfois du blé et des outils pour les artisans.

LES CULTIVATEURS

exemple n°1 : en 1838, Henri Captal journalier et Marie Perrot cultivatrice
Chronologie : Publications de mariage le 24 et 31 décembre 1838, contrat de mariage devant Me Chanut le 14 janvier 1838 et mariage à Liorac le 23 janvier.
Les futurs époux:
Henri CAPTAL, né à Cause de Clérans en 1809, 28 ans, majeur, fils de feu Jean Captal (dcd en 1829) et de feue Jeanne Dasignère (dcd en 1837), demeurant à la Gareille (Liorac)
Marie PERROT, cultivatrice métayère née en 1820, 17 ans, fille de feu Marti Perrot (dcd en 1837) et de Marguerite Desplat aussi métayère demeurant à la Gareille, consentante au mariage.
Les termes du contrat :
Le futur époux déclare qu'il n'a présentement aucun bien meubles immeubles ni mobiliers.
Il est reconnu que les biens meubles et mobiliers venant à la future de son père sont d'une valeur de 140F et qu'ils sont indivis avec ceux de sa mère, placés dans la maison qu'elles habitent ensemble. Fait en présence de Pierre Lavergne marchand, Pierre Mirabel instituteur, qui ont signé avec le notaire, mais non les autres parties qui ont déclaré ne savoir.

exemple n°2 : en 1838, Jean Roux métayer et Marie Lasserre métayère
Chronologie : Publications de mariage le 25 novembre et 2 décembre 1838, contrat de mariage devant Me Chanut le 10 décembre 1838 et mariage à Liorac le 11 décembre.
Les futurs époux:
Jean ROUX, né à Lalinde en 1811, 27 ans, majeur, fils de Jean ROUX et de feue Pétronille Lavergne (dcd en 1827), demeurant à Roussille, commune de Cause de Clérans. Le père est consentant.
Marie LASSERRE, cultivatrice métayère née en 1808 à Cause de Clérans, 30 ans, fille de Jean Lasserre et de Marie Petit aussi métayers demeurant à Filolie commune de Liorac, parents présents et consentants au mariage.
Les termes du contrat :
Le futur se constitue les biens qu'il a reçu de la succession de sa mère et qui restent indivis avec ses frères. Il se constitue de plus 6 hectolitres de blé, moitié froment moitié maïs évalués 87 francs
Les parents Lasserre donnent à la future épouse, leur fille : 1- un buffet neuf en bois, à deux portes et deux tiroirs par le haut ferré fermant à clef évalué 49F 2- un lit complet composé de son bois ??, sses tringles, rideaux et garnitures de droguet jaune, une paillasse de toile, couette et coussins de coutil rayé garni de plume commune, une courtepointe de toile garnie de laine et chanvre ledit lit presque neuf évalué 60F 3- huit draps de lit en toile d'étoupe bons évalués 40F, deux serviettes neuves faites en treillis évaluées 2F50, deux en toile unie 2F, un pot de fonte couverte avec une marmite appelée oule évaluées ensemble 8F, deux chaises évaluées 1F, quatre cuillers d'étain et une louche évalués 8 centimes, une bêche et un sarcloir avec une faucille évalués ensemble 4F, enfin trois hectolitres de blé dont deux de froment et un de maïs évalués ensemble 46F. Le tout livrable au futur époux en octobre prochain.
Fait en présence des sieurs Pierre Bannes ouvrier menuisier et Martial Magat sans profession, tous deux demeurant au présent bourg de Clérans qui ont signé avec le notaire, mais non les autres parties qui ont déclaré ne savoir.

exemple n°3 : en 1857, Pierre Desplat métayer et Marie Fagette cultivatrice
Chronologie : Publications de mariage à Liorac le 11 et 18 janvier 1857, contrat de mariage devant Me Dutauzin notaire à Cause de Clérans le 9 janvier 1857 et mariage à Liorac le 27 janvier .
Les futurs époux:
Pierre DESPLAT, né à Liorac en 1829, 28 ans, majeur fils second d'Elie et de Jeanne Sabineau métayers habitant au bourg de Liorac avec lesquels il demeure.
Marie FAGETTE, née à Liorac en 1833, 23 ans, majeure, fille seconde de Jean Fagette et de Marie Maury métayers à Candillac (commune de Cause de Clérans).
Les termes du contrat :
Curieusement, il n'est pas fait mention d'un quelconque apport de l'époux.
Les parents de l'épouse lui donnent trois hectolitres de blé, moitié maÏs, moitié froment évalués 45F, un buffet en bois de cerisier à deux portes et deux tiroirs fermant à quatre clés estimé 20F. un lit composé de son bois de cerisier, une paillase, une couette et un coussin à petites raies, garnis de plume commune, garniture et rideaux en siamoise bleue à carreaux blancs estimé dans son ensemble 30F, 12 draps de lit, quatre neufs et 8 demi neufs, en toile d'étoupe estimés ensemble 18F 7m80 de toile en treillis estimé 6F, deux linges de table en toile unie estimé étant vieux 1F50, une bêche appelée tranche, un sarcloir et une faucille estimés ensemble 2F50.
La future épouse se constitue comme chose lui appartenant une somme en argent de 100F et qui sera livrée au futur époux le jour de la célébration du mariage.
Acte passé à Clérans en présence d'André Delpech marchand épicier et Jean Lassagette cordonnier, tous deux habitant au bourg de Clérans, témoins qui ont signé avec le notaire mais non les autres parties qui ont déclaré ne savoir.

exemple n°4 : en 1858, Jean Verrouil métayer à Carrieux et Elisabeth Gontier cultivatrice à Filolie
Chronologie : Publications de mariage le 5 et 12 septembre 1858, contrat de mariage le 5 septembre 1858 devant Me Dutauzin, notaire à Cause de Clérans et mariage à Liorac le 21 septembre .
Les futurs époux:
Jean VERROUIL né à Liorac en 1833, 25 ans, majeur, fils unique de feu Pierre Verrouil et de Marie Coulaud domiciliée à Creysse, métayer à Carrieux.
Elisabeth GONTIER, née à Mouleydier en 1835, 23 ans, majeure, fille seconde de Pierre Gontier et d'Elisabeth Desvigne, tous métayers à Filolie.
Les termes du contrat :
Le futur époux se constitue comme lui appartenant, l'ayant gagné à la métairie de Carrieux avec sa soeur et son beau frère : un buffet double en cerisier neuf à deux portes et deux tiroirs ferré fermant à clef et estimé 30 F, un lit composé de son bois de cerisier neuf, une paillasse, une couette et coussin en coutil à petites raies garnis de plume mélée, un couvre pied en toile d'entre deux de chanvre, rideaux et de basin estimé dans son ensemble 30F, quatre draps de lit en toile de ménage demi neufs estimés ensemble 16 F.
Les parents de l'épouse donnent à leur fille : une somme en argent de 100F, cinq hectolitres de froment estimés ensemble 75 F, six serviettes neuves en toile de ménage treillis estimées 6 F, 2 draps de lit demi neufs estimés 8F. un pot à soupe en fonte estimé 3 F. TOTAL 192F Cette donation sera livrée le jour de la célébration du mariage qui vaudra quittance entre les parties.
Ont comparu Jean Goux et Jeanne Verrouil qui déclarent avec les futurs époux former une société par tête entre eux quatre dans l'exploitation de la métairie de Carrieux ou de toutes autres qu'ils pourraient exploiter par la suite, que les baillettes soient sur une tête ou sur toutes, pour les produits et pertes être partagés entre eux par quart. Les deux ménages seront nourris et entretenus aux frais de la société sans indemnité de départ ni d'autre pour cause de survenance d'enfant ou autre charge de ménage.
Acte passé à Clérans dans la maison des parents de l'épouse, en présence de Etienne Parjadis, instituteur et André Delpech marchand épicier.

exemple n°5 : en 1882, Jean Carbonnel agriculteur et Elisabeth Chassagne
Chronologie : Publications de mariage le 14 et 21 octobre 1883, contrat de mariage passé le 27 octobre 1883 devant Me Laubié, notaire à Cause de Clérans et mariage le même jour à Liorac.
Les futurs époux:
Jean CARBONNEL, né à Genthial (commune de Liorac) en 1854, 27 ans, fils majeur de Pierre Carbonnel et de marie Bannes métayers à Genthial, agriculteur à Genthial
Elisabeth CHASSAGNE, née en 1859 au bourg de Liorac, 24 ans, fille majeure de Jacques Chassagne menuisier et de Marie Cécile Fileyssant aubergistes à Liorac.
Les termes du contrat :
Le futur époux déclare se constituer personnellement comme provenant du fruit de son travail et de ses économies la somme de mille francs en argent. Les parents du futur époux lui font donation en avance d'hoirie de la somme de 150F, de 6 draps de lit neufs évalués 48F, de 6 serviettes neuves évaluées 8F, de 6 essuie mains estimés 3F, ensemble 207F.
La future épouse a déclaré se constituer personnellement comme provenant de ses économies, la somme de 500F, 6 draps de lit neufs évalués 48 F, 12 serviettes 12 F. six draps de lit neufs évalués 48F, douze serviettes 12 F, ensemble 560F.
Les parents de la future épouse lui donnent en avancement d'hoirie : un lit complet 150F, six draps de lit 48 F, 3 nappes 6F, 6 essuie mains 3 F, ensemble 207F. Les objets mobiliers seront livrés le jour du mariage. Fait et passé à Clérans à l'étude. Le père de la future épouse et les futurs époux ont signé avec le notaire.

exemple n° 6: en 1884, Pierre Besse métayer et Marie Elisabeth Bournazel
Chronologie : publications de mariage à Liorac et St Marcel, les 13 et 20 janvier, contrat de mariage le 13 janvier devant Me Laubié, notaire à Cause de Clérans, mariage à Liorac le 24 janvier.
Les futurs époux:
Pierre BESSE, né en 1838 à Verdon,45 ans, fils majeur de feu Antoine Besse (dcd en 1845) et de feue Jeanne Baysse(dcd en 1843), métayer à St Marcel, veuf de Jeanne Tabanou (dcd en 1883)
Elisabeth BOURNAZEL, née en 1851, à Pressignac, 32 ans, fille majeure de feu Jean Bournazel (dcd en 1881)et de Elisabeth Cassagne, métayère à Filolie (commune de Liorac) avec laquelle elle réside.
Les termes du contrat :
La future épouse se constitue personnellement une somme de 95 F provenant de son travail et de ses économies. Le futur époux déclare se constituer personnellement : 8 hectolitres de froment évalués 144F, 2 hectolitres de maïs 30F, 25 litres de haricots 5F, 4 hectolitre de pommes de terre 16F, deux lits complets 80F, un buffet 30F, une maie à pétrir 5F, un blutoir à tour 15F, un crible 1F, 15 draps de lit 60 F, 7 serviettes 4F, 9 poches à blé 9F, 24 assiettes plates ou peu profondes 2 F, 12 fourchettes 1F, 3 plats profonds 1F, 1 saladier 50 centimes, 5 pots à graisse contenant douze litres et demi de graisse fine 25F 1 seau et une cruche 2F 2 seaux en bois 2F 2 cruches à huile 50 centimes 5 marmites dont une grande, deux moyennes et deux petites, une tourtière, une poële, un gril et une grande cuillère ensemble 10F, 3 bêches, un pic, un bident, une hache, deux serpes, 4 fourches de fer, 2 tranches, 4 sarcloirs, 5 chaises et un banc, ensemble 15 F. Total 464 F.
Seul le notaire a signé.

OUVRIERS ET ARTISANS

exemple n°7 : en 1838, Jean Baptiste Coupat scieur de long et Françoise Chassagne
Chronologie : Publications de mariage le 25 mars et le 3 juin 1838, contrat de mariage devant Me Chanut le 5 juin et mariage à Liorac le 11 juin 1838.
Les futurs époux:
Jean Baptiste COUPAT, né en 1810 dans le Puy de Dôme, 28 ans, majeur, fils de Jean Coupat décédé en 1813 et de Anne Batisse, qui a donné consentement au mariage de son fils devant notaire.
Françoise CHASSAGNE, née en 1816 (21 ans) fille de François et Anne Chanaud, aubergistes à Liorac.
Les termes du contrat :
Les parents de l'épouse donnent un lit complet d'une valeur de 150F, une armoire neuve en bois de noyer à deux portes ferrées fermant à clef d'une valeur de 100F, deux tables dont une à deux tiroirs et une de toilette avec un tiroir, toutes les deux neuves en bois de cerisier ou noyer d'une valeur ensemble de 25F, dix draps de lit demi usés en toile de bouicarde évalués ensemble 60F, 12 serviettes à ouvrage (brodées) et 6 en treillis évaluées ensemble 18F, 6 essuie mains demi usés en toile unie d'une valeur ensemble de 3F, 6 nappes dont trois en ouvrage neuves et 3 en treillis demi usées évaluées ensemble 20F. Ils seront livrables aux futurs époux immédiatement après le mariage.
Le futur époux déclare que son avoir consiste en meubles et mobiliers d'une valeur de 150F et en immeubles. Fait en présence de Pierre Leygue tailleur d'habits, Jean Bieau instituteur, demeurant au présent bourg, qui ont signé avec la future épouse et le notaire mais l'époux et les père et mère de l'épouse n'ont su signer.

exemple n°8 : en 1839, Jean Poumeyret menuisier et Marie Mensac cultivatrice
Chronologie : Publications de mariage, 20 et 27 janvier 1839,
contrat de mariage le 7 février 1839 devant le notaire Chanut, et mariage à Liorac le même jour.
Les futurs époux :
Jean POUMEYRET est né en 1809 au bourg de Liorac où il habite, il a 30 ans et est donc majeur, il est menuisier comme son père. Ses parents Jean Poumeyret, et Marie Marceron sont tous deux décédés.
Marie MENSAC est née en 1812, elle est aussi majeure (27 ans) et travaille avec ses parents, Jean Mensac et Léonarde Guilhem, qui sont métayers aux Bigayres. Ils l'assistent lors de la signature du contrat.
Les termes du contrat :
L'époux apporte des meubles pour une valeur de 600F (il est menuisier).
L'épouse apporte la somme de 657F provenant d'un legs de feu François Paulhiac décédé en 1834,somme payée à l'époux par Jean Paulhiac, propriétaire à la Sauvetat commune de Douville, héritier de son frère François.
Les parents de l'épouse lui donnent un lit complet neuf, évalué 150F, 4 draps en toile d'étoupe, 2 neufs et 2 demi-neufs, évalués ensemble 27F , et 6 serviettes neuves faites en treillis évaluées 9F, objets qui seront livrés aux époux dans un délai de 6 mois.
Les témoins : Pierre Lavergne marchand et Jean Bieau instituteur, Jean PAULHIAC ont signé avec l'époux et le notaire.

exemple n°9 : en 1839, Pierre Valeton tisserand de St Marcel et Marie Chassagne
Chronologie : Publications de mariage à Liorac le 13 et 20 octobre 1839, contrat de mariage devant Me Chanut le 27 octobre 1839 et mariage à Liorac le 16 janvier 1840.
Les futurs époux:
Pierre VALETON, né à St Marcel en 1817, 23 ans, fils ainé de Jean Valeton tisserand et Toinette Augeyrolle avec lesquels il demeure à Chambary (St Marcel), tisserand.
Marie CHASSAGNE, née à la Gareille en 1819, 20 ans, mineure, fille de feu Jean Chassagne (dcd en 1832) et de Jeanne Doumenge sans profession demeurant à la Gareille, consentante au mariage de sa fille.
Les termes du contrat :
La future épouse se constitue tous les biens qu'elle a recuelli dans la succession de son père sans nuire aux droits à l'usufruit de sa mère.
Les parents du futur époux donnent en avancement d'hoirie (avance sur la part d'héritage) la somme de 800F, la moitié dans quatre ans et le reste dans huit ans, un lit complet d'une valeur de 80F, un buffet à deux portes et deux tiroirs, ferré et fermant à clef d'une valeur de 48F, quatre draps de lit en toile neuve dont deux en bouiradis et deux d'étoupe évalués 32F, douze serviettes neuves en treillis évaluées 13F, les linges et meubles livrés ce jour et caution donnée à la mère. De plus ils lui donnent "par préciput et hors part" (donation faite en-dehors de toute part successorale future, ayant pour but d'avantager leur fils aîné par rapport aux autres héritiers) le quart de tous les biens meubles, immeubles et mobiliers qu'ils auront lors de leur décès.
Fait en présence de Pierre Lavergne marchand demeurant au bourg de Liorac et Pierre Lavergne fils, propriétaire demeurant à St Marcel qui ont signé avec le notaire, mais non les autres parties qui ont déclaré ne savoir.

exemple n°10 : en 1858, Bernard Pothier, commis à la forge de Monclard et Léonarde Poumeyret
Chronologie : Publications de mariage le 24 et le 31 janvier 1858, contrat de mariage devant Me Dutauzin, notaire à Cause de Clérans le 3 février 1858 et mariage à Clermont de Beauregard le 9 février .
Les futurs époux:
Bernard POTHIER, né à Monclard en 1829, 27 ans, majeur, fils de Jacques Pothier mouleur en sable et de Marie Sartral propriétaires, avec lesquels il demeure à Monclard, parents présents et consentants.
Léonarde POUMEYRET , née à Liorac en 1840, 18 ans, mineure, fille de Henri Poumeyret menuisier et de Marie Mensac, domiciliés à la forge de Monclard.
Les parents présents consentent au mariage de leur fille, qui est de plus assitée de son oncle paternel Jean Poumeyret, de Lalinde.
Les termes du contrat :
Le futur époux se constitue une somme de 500F comme lui appartenant. Ses parents lui donnent par avancement d'hoirie une douzaine de serviettes à ouvrage en toile de ménage estimées 12F, deux nappes en même toile estimées 4F , six draps de lit en toile de ménage estimés ensemble 30F, six essuie-mains en toile de ménage évalués ensemble 3F.
Les parents de la future épouse donnent à leur fille: un lit composé de son bois à bateau en chêne, une couette et un coussin en coutil à petites raies garnis de plume d'oie, une paillasse en toile, un couvre pied en indienne brune à petites raies garni de laine, une couverture en laine, un coussin carré, rideaux et garnitures en indienne jaune à bande estimé dans son ensemble 80F. Une armoire en bois de noyer à deux portes ferrée et fermant à clef estimée 90F, Une douzaine de serviettes à ouvrage en toile de ménage estimées 12 F, deux nappes en même toile estimées 4F,six draps de lit en toile de ménage estimés ensemble 30F, six essuie-mains en toile de ménage évalués ensemble 3F.

exemple n°11 : en 1866, Pierre MOUYNAT forgeron et Jeanne LAFAYE couturière
Chronologie : Publications de mariage le 22 et le 29 avril 1866, contrat de mariage le 15 avril devant Me Laterrière, notaire à Mouleydier et mariage à Saint Felix de Villadeix le 15 mai 1866.
Les futurs époux:
Pierre MOUYNAT, né à Liorac en 1839, 27 ans,forgeron, majeur, fils d'Antoine Mouynat de de Catherine Lavergne décédée en 1864. Le père forgeron est présent et consentant au mariage.
Jeanne LAFAYE, née en 1842 à St Félix de Villadeix, majeure fille aînée de Thèves Lafaye et de Marie Bouyna cultivateurs, domiciliés à St Félix, aussi présents et consentants.
Les termes du contrat :
Le futur époux se constitue les droits mobiliers et immobiliers provenant de la succession de sa mère Catherine Lavergne. Le partage n'a pas encore eu lieu. Antoine Mouynat, le père du futur lui donne par preciput le quart des biens meubles et immeubles qu'il laissera à son décès.
De plus il lui laisse la jouissance
- de la chambre du rez de chaussée de sa maison, actuellement louée au Sieur Coly
- de la boutique de forgeron située à Liorac
- de la clientèle et des outils qui sont attachés à la dite boutique et en composent le fonds.
Il donne de plus : un buffet estimé 50F, une enclume 100F, deux étaux 60F, trois marteaux à frapper 15F, trois marteaux à main 5F, six tenailles 6F, un travail à ferrer les boeufs 100F, deux filières 12F, une chaîne à ferrer 5F, deux limes 2F, une meule à aiguiser montée 5F, total 360F. Cette donation en jouissance est faite à la charge par le fils de payer à son père une pension annuelle de quatre hectolitres de froment s'ils cessaient d'habiter ensemble et de faire un même ménage. Le revenu annuel des biens donnés en usufruit est évalué à 40F.
Les parents de l'épouse lui donnent une somme de 600F payables en trois fois dans le délai de quatre ans et des objets mobiliers :
- un lit à bateau complet composé de son bois de noyer, paillasse couette et coussin garnis de plume d'oie, un couvre pied garni de laine écru et garnitures en indienne, neuf estimé 100 F.
- six draps de lit dont quatre neufs et deux demi-neufs évalués 30F
- six serviettes neuves estimées 6F
Total 736F. Ces objets mobiliers seront livrés aux époux le jour du mariage.

exemple n°12 : en 1881, Jean VALETON cordonnier et Marguerite BORDES cuisinière
Chronologie : Publications de mariage à à Gageac (domicile des parents de l'épouse),Cause de Clérans et à Liorac le 3 et le 10 avril, Contrat de mariage passé le 19 mars devant Me Laterriere, notaire à Mouleydier, Mariage à Liorac le 19 avril.
Les futurs époux:
Jean VALETON, né à la Gareille (Liorac) en 1855, 25 ans, fils majeur de Pierre Valeton et Marie Chassagne propriétaires cultivateurs domiciliés à Cause de Clérans, cordonnier domicilié à Liorac.
Marguerite BORDES, née à la Gareille (Liorac) en 1860, 21 ans, majeure, fille de François Bordes et de Anne Chanier, domestiques au château de Gageac.
Les termes du contrat :
Le futur époux se constitue les immeubles qu'il possède dans la commune de Liorac et les objets mobiliers suivants : deux lits complets, une armoire, deux tables de nuit, une table, une armoire ou buffet, plusieurs chaises, une machine à piquer, les outils évalués 100F, et quatre draps. Une somme de 1500F , créance comme argent comptant. L'avoir du futur époux est évalué 4200F....
Les parents de l'épouse constituent à leur fille en avancement d'hoirie : la somme de 1000F qu'ils lui ont payé à l'instant. les objets mobiliers suivants : un lit complet à bateau composé de son bois, paillasse couette et coussins garnis de plume d'oie, couvre pieds, une couverture de laine, rideaux et garnitures , le tout estimé 150F. une armoire en cerisier à deux portes 40F, douze draps de lit, dont 4 neufs et 8 demi neufs 72F, 18 serviettes et 2 nappes (dont 12 serviettes et une nappe neuves) 24F six essuie mains 6F. Total 292F. Ces objets seront donnés le jour du mariage. La future épouse a remis à l'instant au sr Valeton la somme de 1000F qui lui a été donnée par ses parents et celui ci en demeurera chargé, de même que le mobilier.

exemple n°13 : en 1882, Etienne GOUZOU boulanger et Anne Marie SICARD
Chronologie : publications de mariage à Liorac le 20 mars et le 2 avril 1882,
contrat de mariage le 22 mars devant Me Laubie notaire à Cause de Clérans et mariage à Liorac le 15 avril .
Les futurs époux :
Etienne GOUZOU, dit Ludovic, ouvrier boulanger, domicilié à Liorac, né en 1859, 22 ans, fils majeur de Pierre Gouzou et de Anne Chaume,propriétaires agriculteurs domiciliés à la Raffigne Anne Marie SICARD née à Liorac en 1867, 15 ans, domiciliée à Liorac, fille mineure de Etienne SICARD boulanger et de Jeanne BLEYZAC, domiciliés à Liorac, parents présents et consentants
Les termes du contrat :
Les parents du futur époux lui font donation en avancement d'hoirie de : la somme de 2000F (1000F payables dans 6 mois et 1000F dans deux ans, sans intérêt), la somme de 200F pour tenir lieu de mobilier (payable dans 6 mois sans interêt). 8 draps de lit évalués 40F, 12 serviettes neuves 12 F ( ce linge sera livré le jour du mariage) au total 2252F.
Les époux Sicard, parents de la future épouse lui font donation en avancement d'hoirie de 2 lits de forme bateau neufs avec rideaux et garnitures en cretonne bleue et grise évalués 200 F, une grande armoire en bois de noyer 100F, 2 tables de nuit en noyer 20F, 12 draps de lit 60F, 12 serviettes et une nappe 15F, 12 essuie mains 6F, total 301F.
Les futurs époux et les parents de l'épouse ont le projet d'habiter ensemble, mais en cas d'incompatibilité d'humeur et de cessation de la cohabitation, les époux Sicard s'obligent à donner en jouissance aux futurs époux et aux enfants à naître de l'union, les deux chambres dont l'une au rez de chaussée et l'autre au premier étage sur la façade sud de la maison d'habitation, les bâtiments et ustensiles servant à l'exploitation de la boulangerie compris la remise attenant à la boulangerie sur l'ancien chemin de Clérans avec le droit d'y faire construire une écurie et de plus la partie du jardin qui se trouve à gauche de l'allée attenant au vieux chemin de Clérans. Les futurs époux et leurs pères ont signé avec le notaire.

exemple n°14 : en 1882, Pierre CHASSAGNE ouvrier boulanger et Jeanne Rose HÉVRARD
Chronologie : Publications de mariage à Douville et à Liorac le 8 et 15 octobre 1882, contrat de mariage le 22 mars devant Me Laubie notaire à Cause de Clérans, et mariage le 21 octobre à Douville.
Les futurs époux :
Pierre CHASSAGNE, dit Victor, garçon boulanger, domicilié à Liorac, né en 1858, 24 ans, fils majeur de Jean Chassagne menuisier et Marie Dussou. Jeanne Rose HÉVRARD, née à Douville en 1864, 18 ans, fille mineure de Alfred Hévrard et Jeanne Rose Charrière boulangers domiciliés à Pont St Mamet commune de Douville.
Les termes du contrat :
Les parents du futur époux, lui font donation en avancement d'hoirie : d'un lot d'outils de boulanger évalué 400F, de la jouissance de la chambre de boulangerie et de celle qui est au dessus, servant actuellement d'atelier de menuiserie et deux chambres dépendant de la maison qu'ils habitent à Liorac, jouissance évaluée 20F.
Les parents de la future épouse, lui donnent en avancement d'hoirie : la somme de 1000F, que les époux Hévrard ont compté entre les mains du futur époux.

PROPRIÉTAIRES ET CLASSE SOCIALE PLUS ÉLEVÉE

exemple n°15 : en 1838 Henri VALETON BOISVERT propriétaire et Anne Marie LEYMARIE LAJARTHE Chronologie : publications de mariage,le 25 novembre et le 2 décembre 1838 ,
contrat de mariage le 10 décembre 1838 devant le notaire Chanut, et mariage à Liorac le lendemain 11 décembre 1838.
Les futurs époux :
L'époux est né en 1774 à la Tissanderie à Liorac où il habite, veuf sans enfant de Marie Rebeyrote, il a 64 ans et ses parents sont décédés, son père Guillaume Valeton en 1819 et sa mère Elisabeth Brouwers en 1823 à Liorac. L'épouse n'a que 22 ans : elle est née commune de Ginestet en 1816,et habite la Tissanderie elle est la fille de Jacques Leymarie Lajarthe propriétaire, demeurant à St jean d'Ataux et de feu Anne Brouwers décédée en janvier 1838. Son père l'assiste lors de la signature du contrat.
Les mères des deux époux étaient soeurs, les futurs époux étaient donc cousins. Ce mariage entre parents d'âge très différent était le moyen de préserver et de conserver les biens dans la famille.
Les termes du contrat :
La future épouse apporte les biens recueillis dans la succession de sa mère, le partage n'est pas encore fait entre elle et ses frères et soeurs et donnera lieu à un inventaire-partage.
Le futur déclare que ses meubles, linges, ustensiles de ménage sont d'une valeur de 4000F (ce qui est une somme considérable par rapport à tous les autres contrats examinés). De plus il fait don à sa future épouse, dans le cas où elle lui survive, de la moitié de tous ses meubles, et lui donne tous ses biens composant son domaine de la Tissanderie (une maison de maître, édifices cour jardin, vignes, bois et terre, une métairie exploitée à laude, deux paires de boeufs, un borderage). S'il produit un ou plusieurs enfants du mariage, la donation sera réduite à la quotité disponible que la future épouse conservera pour être la propriété transmise à son décès aux enfants provenus du mariage. Si sa future épouse se remariait, la dite donation serait réduite à l'usufruit de la moitié de tous les objets compris dans cette donation.
Le notaire Chanut s'est déplacé et ce contrat a été passé à la Tissanderie, maison du futur époux en présence de Henri Armand Meynardie, propriétaire à la Basserie, de François Henri Chassaigne propriétaire à Liorac, qui ont signé avec les époux, le père de l'épouse, et D. Brouwert son parent et le notaire.

exemple n°16 : en 1867, Jean FONTAYNE instituteur et Françoise COULAUD
Chronologie : Publications de mariage le 6 et le 13 octobre 1867, contrat de mariage le 11 octobre devant Me Laterrière, notaire à Mouleydier et mariage à Liorac le 22 octobre.
Les futurs époux: Jean FONTAYNE, instituteur, né à Calès en 1840, fils second de Jean Fontayne et de Marie Queille, 27 ans, majeur, demeurant à Liorac. Ses parents sont propriétaires à la Pouleille, commune de St Félix de Villadeix.
Françoise COULAUD, née à Liorac en 1851, âgée de 16 ans mineure, fille unique de Pierre Coulaud et Marie Barrière propriétaires domiciliés à la Martigne présente commune.
Les termes du contrat :
Le futur époux déclare n'avoir rien à se constituer à présent. Ses parents déclarent lui constituer en avancement d'hoirie la somme de 4000 F, payable dans un an avec intérêt à 5%. Les parents de la future épouse font donation à Françoise Coulaud, d'une rente viagère de 100F par an qui ne commencera que le jour où les futurs époux vendraient à se séparer des époux Coulaud avec lesquels ils se proposent d'habiter qui s'éteindra de plein droit au décès d'Anne Pech veuve du sieur Etienne Coulaud, mère et belle mère des donateurs. Les futurs époux ayant l'intention d'habiter avec les époux Coulaud père et mère, il est convenu que tant que durera cette cohabiation , ils ne feront avec eux qu'un seul et même ménage dans lequel ils seront logés, nourris et entretenus eux et leurs enfants s'ils en ont; ils apporteront dans la maison leurs travaux et industrie. Les acquisitions qu'ils feront pendant cette cohabitation appartiendront moitié aux époux Coulaud et moitié aux futurs époux.
ANALYSE ET COMMENTAIRES


Ainsi, dans tous les milieux sociaux, même les plus modestes (malgré le coût de l'acte) pour lesquels , la plupart des futurs ménages faisaient précéder leur union de la signature d'un contrat de mariage destiné à fixer leur avenir économique. La signature du contrat intervenait dans les jours précédents le mariage, parfois le jour même. Le graphique ci-contre montre qu'au milieu du XIXe siècle, plus de 75% des mariages à Liorac étaient précédés par un contrat de mariage (en rouge le nombre de mariages par année et en vert le nombre de contrats correspondants).
A partir de 1850, la législation a imposé d'inscrire dans l'acte de mariage si un contrat de mariage a (ou non) été passé avec la date et le nom du notaire. Comme le montre le graphique suivant, plus de 75% des mariages à Liorac étaient précédés par un contrat de mariage (en rouge le nombre de mariages par année et en vert le nombre de contrats correspondants): la signature du contrat intervenait dans les jours précédents le mariage, parfois le jour même. Tous les contrats pré-cités ont été passés sous le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts réalisés pendant la durée du mariage, selon les articles du Code Civil. Le contrat note les biens propres de l'époux, et ceux de l'épouse. Tous les biens, propres ou acquis pendant l'union, sont gérés par le mari. La femme est soumise à l'autorité de son mari. L'argent liquide : peu de sommes en numéraires apparaissent dans ces contrats et dans le cas où elles existent elles sont remises directement à l'époux ( exemples n° ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
exemple n° : en 1866, Jean RAMBAUD ouvrier maçon et Marie MARSAL
Laterriere P1090795 Chronologie : Publications de mariage à Mouleydier le et le 1866, contrat de mariage le 15 avril devant Me Laterrière, et mariage à Mouleydier le 23 avril le 1866.

@ Marie-France Castang-Coutou
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