Les problèmes d'ordures à Liorac
ne datent pas d'aujourd'hui !

page mise en ligne le 15 février 2021.      

Liorac est une commune très étendue comprenant le bourg et des hameaux dispersés. Comme le montre le graphique suivant, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la population du bourg représentait entre 15 et 30% de la population totale, soit entre 100 et 170 habitants.

Même si nos ancêtres jetaient beaucoup moins qu'à l'heure actuelle, ces 100 à 170 habitants produisaient des déchets et on peut se demander comment ils s'en débarassaient dans le bourg ?
Sans doute sans beaucoup de précautions puisque les premières études pour l'adduction d'eau en 1913-1914 ont montré que les puits du bourg étaient contaminés par le bacille de la typhoïde !
 
Histoires de Liorac : les temps modernes
1811-1911 Les pavés de grès de la forêt de Liorac.
Les carriers de Liorac.
1824 De la fausse monnaie circule à Liorac.
1834 le maire mène l'enquête.
1835, les réponses du maire, F. Beneys, à l'enquête
de Cyprien Brard donnent une image détaillée de Liorac.

1848-1849 Troubles à Liorac lors de l'élection du premier président de la République au "suffrage universel".
Recensements 1846-1936. Evolution des métiers au bourg de Liorac.
1852, l'agriculture à Liorac (enquête statistique)
1813-1975 : Médaillés de la Légion d'honneur à Liorac
1836-1863 La formidable aventure de la route n°27
          le grand chambardement du bourg
          la naissance du haut Liorac
1876-1904 Construction de la maison d'école
1870-1871 : une guerre oubliée. Soldats de Liorac
1888 Une histoire de loup à Liorac.
1883 Les problèmes d'ordures à Liorac ne datent pas d'aujourd'hui !
1894 L'école de fille à Liorac devient école laïque.
1897-1965 Le bureau de poste de Liorac
1902 Le curé Tafforeau au moment des élections.
Vers 1905, c'était encore le temps des loups à Liorac.
1913 Les pilules roses pour personnes pâles.
1925 L'électrification du bourg.
L'adduction d'eau, un marathon de plus de 45 ans :
         Avant l'adduction d'eau, les puits.
         1913-1914, une première tentative
         D'une guerre à l'autre
         1958, l'eau arrive enfin dans le bourg !
          1959-1969,10 ans de plus pour alimenter tous les hameaux de Liorac
1917 Haro sur les nuisibles.
1918 Les soldats de Liorac "Morts pour la France".
Vers 1920, la laiterie des Bigayres
1922 Le Monument aux morts de Liorac.
1925 L'électrification du bourg.
1919-1965 L'autobus de Liorac.
1939-1945 Deux "Morts pour la France" à Liorac.
1940-1945 Maurice Sarazac, Compagnon de la Libération.
1950-1965 La tournée de Denise.
Dans les années 50, l'épicerie Carbonnel.
Dans les années 50, la boulangerie Chassagne.
Dans les années 50-60, la fête à Liorac.
1961 Le tour de France passe pour la première fois à Liorac.

 

En mai 1883 , le maire Jean LAPLACE décrit la situation sanitaire du bourg
et cela fait froid dans le dos !!!
"considérant qu'il est habituellement formé dans le bourg de Liorac à proximité des habitations, sur les places et chemins publics des dépôts de fumiers, boues et immondices qui répandent des exhalaisons infectes , qu'il importe de préserver les habitations, les routes, les chemins et places publiques de l'influence insalubre que peuvent produire de telles exhalaisons",
Il promulgue alors un arrêté : IL EST INTERDIT de faire aucun dépôt de fumiers, boues et immondices sur les places publiques, routes et chemins. Les fumiers, boues et immondices devront être déposés au moins à 50 m des places et chemins publics et à 100 m des habitations. Le NETTOIEMENT des rues, places ou chemins publics sera opéré d'office aux frais des contrevenants. Les contraventions seront poursuivies devant les tribunaux compétents.

Les habitudes devaient être bien ancrées puisque 20 ans plus tard :
En décembre 1903 , le maire E. PRAT-DUMAS doit rédiger un réglement sanitaire municipal évoquant tous les problèmes d'hygiène du village et présentant des solutions qui aujourd'hui nous apparaissent comme de pur bon sens ! Mais il ne faut pas oublier qu'à cette époque, on ne connaissait encore que peu de choses sur les microbes et l'origine des maladies.
▦ FOSSES à FUMIER
Pour les agglomérations et le bourg, les fumiers seront déposés à une distance convenable de la voie publique et des habitations. Les dépôts de fumiers dont l'insalubrité sera constatée par la commission sanitaire seront supprimés.
▦ MARES
Les mares et fossés à eaux stagnantes seront éloignées le plus possible des habitations, ils seront curés une fois par an ou comblés s'ils sont nuisible à la santé publique. Il est défendu d'étaler les vases provenant de ce curage auprès des habitations.
▦ VIDANGES, GADOUES, ...
Les dépôts de vidanges, gadoues, immondices, pailles, feuilles en putréfaction, marcs de raisin sont interdits s'ils sont de nature à compromettre la santé publique.
Il est formellement interdit de déverser les vidanges dans les cours d'eau.
▦ CABINETS ET FOSSES D'AISANCE
ils seront établis à une distance convenable des sources, puits et citernes et de la voie publique.
▦ ANIMAUX MORTS
Il est interdit de jeter des animaux morts dans les mares, rivières, abreuvoirs, gouffres et bétoires (puits (puits creusé profondément dans de la terre calcaire pour recueillir les eaux usées ou de pluie.) ou de les enterrer au voisinage des habitations, des puits ou des abreuvoirs.
▦ MALADIES TRANSMISSIBLES
Tout malade atteint d'une maladie transmissible sera isolé autant que possible, de telle sorte qu'il ne puisse la propager par lui même ou par les personnes appelées à le soigner. Jusqu'à la disparition complète de tout danger de contagion on ne laissra approcher du malade que les personnes qui le soignent. Celles ci prendront toutes les précautions pour empêcher la propagation du mal.
DÉSINFECTION Il est interdit de déverser aucune déjection (crachats, matières fécales...) provenant d'un malade atteint d'une maladie transmissible sur le sol des voies publiques ou privées, des cours, des jardins, sur les fumiers et dans les cours d'eau. Ces déjections recueillies dans des vases spéciaux seront enterrées profondément mais seulement après avoir été désinfectées à la chaux vive. Pendant toute la durée d'une maladie transmissible, les objets à usage personnel du malade et des personnes qui l'assiatent de même que tous les objets contaminés ou souillés seront désinfectés avant d'être lavés et blanchis. L'immersion pendant un quart d'heure des linges dans l'eau en ébullition constitue un bon procédé de désinfection.
Les locaux occupés par le malade seront désinfectés apès sa guérison ou son décès. Lorsque le malade sera guéri, il ne sortira qu'après avoir pris les précautions convenables de propreté et de désinfection.
Les enfants ne pourront être réadmis à l'école qu'après un avis favorable du médecin traitant ou du médecin inspecteur de l'école.
Quelles étaient ces maladies transmissibles ? Il y en avait beaucoup : variole, scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde, typhus, choléra, diphtérie, dysenterie et bien sur la tuberculose. Les vaccinations n'étaient pas encore répandues.
Les causes du décès ne sont habituellement pas inscrites sur les actes d'état civil, mais de façon inattendue, en 1853 et seulement pour cette année, le maire BENEYS a inscrit sur les registres les causes des décès.
Sur les 17 décès de 1853, on trouve 8 enfants : 1 bébé de 11 jours mort d'une cause inconnue, 2 morts de la coqueluche (1 an et 2 ans), 3 morts de la dysenterie (13 mois, 15 mois et 4 ans), 1 mort par noyade (3 ans), 1 d'une maladie de coeur (10 ans, sans doute d'une malformation)
et 9 adultes : décès dûs à une phtisie pulmonaire (H 40 ans), à une fluxion de poitrine (H 58 ans), à une gatro entérite ( H 38 ans), à une gastrite chronique (F 70 ans), à de l'hydropisie (F 72 ans), des suites de paralysie (H 68 ans), d'une attaque d'apoplexie (H 64 ans), et les deux derniers décédés d'une maladie courte mais inconnue (H 74 ans) et suite à des longues douleurs et infirmités (H 74 ans).

Malgré les directives précises de ce réglement sanitaire, le 1er septembre 1949, le maire Charles DAURIAT est obligé de promulguer un nouvel arrêté : il est formellement défendu de déposer des ordures dans le caniveau en contre bas du chemin de l'église.
Les habitants étaient vraiment incorrigibles !
Et maintenant ? Pendant longtemps, il y a eu un ramassage à domicile des ordures ménagères, mais depuis quelques années, les choses ont changé et les habitants doivent porter eux mêmes leur sacs poubelle dans des containers, placés en bas du village, non loin des maisons et de l'église, monument classé. De plus ces dépôts sont limités en quantité et les tarifs très élevés ! De volume insuffisant surtout en période d'été où les vacanciers affluent et on peut observer le spectacle désolant ci-contre (août 2020). A part l'existence de containers, les choses n'ont guère changé depuis la fin du XIXe siècle !
Sources :
► Archives de la Mairie de Liorac : Arrêtés du Maire.
Délibérations du Conseil Municipal de 1949.
► Archives Départementales en ligne : registres des décès de 1853.

@ Marie-France Castang-Coutou
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