L'eau à Liorac

au tournant du XXe siècle : les puits

Page mise en ligne le 11 février 2021         

Difficile d'imaginer en 2021 ce qu'était la vie de nos grands parents ou arrières grands parents qui ne disposaient d'aucune des commdités que nous connaissons aujourd'hui !
L'APPROVISIONNEMENT EN EAU ÉTAIT LE PROBLÈME LE PLUS CRUCIAL.
Et pourtant, la commune est loin d'être dans une zone désertique, mais se situe sur un terrain vallonné avec des dénivellés importants : en effet Liorac est un village très ancien et la plupart des habitations -le bourg ou les divers hameaux- ont été construits en position surélevée et bien sûr l'eau coule naturellement en contre-bas. La carte schématique suivante indique l'altitude du bourg et des principaux hameaux de Liorac : en prenant comme référence la vallée de la Louyre et la fontaine de Carrieux, le bourg se situe entre 40 et 50 m plus haut et les hameaux sur les hauteurs à environ 70m au dessus du point bas.

En 1891, 151 habitants vivaient au bourg et 456 constituaient la "population éparse" répartie dans les différents hameaux. Il fallait donc beaucoup d'eau (même si nos ancêtres qui considéraient l'eau comme une denrée précieuse ne dépensaient pas comme aujourd'hui 150 litres d'eau potable par jour et par personne !)
En l'absence de source ou de ruisseau proches, l'eau indispensable aux habitants et aux animaux provenait :
- de la Louyre qui fournissait sauf l'été une eau abondante, à défaut d'être pure et potable : les habitants venaient remplir des barriques placées sur des charettes.
- de mares de récupération d'eau de pluie pour abreuver les animaux dans les fermes.
- des deux sources de Liorac : la source de la Raffigne et celle de Carrieux. Maisl fallait aller remplir des seaux à la source et les ramener à la maison.
- de nombreux puits qui servaient à l'utilisation domestique. Chaque maison ou presque avait son puits à proximité de l'habitation. C'était une question de survie !

LES PUITS
Ainsi le puits était le seul moyen de se procurer de l'eau potable et dans le bourg presque toutes les maisons disposaient d'un puits ou au moins d'un droit de puisage (acte dûment enregistré chez le notaire) dans le puits du voisin.. Creusé dans le sol et maçonné jusqu'à la nappe phréatique repérée au préalable par la baguette de coudrier du sourcier, le puits était l'élément indispensasble à la vie.
Le schéma suivant référence les puits du bourg de Liorac : un grand merci aux lioracois (Michel Delarue, Bernadette Boutade, Jean-CLaude Roux et Annie Leygue) qui m'ont permis de confirmer leur localisation.

En effet beaucoup de puits ont disparu avec l'adduction d'eau : c'est le cas de celui de l'école que l'on voit sur une ancienne carte postale de la place de la mairie. Le Conseil Municipal dans sa session du 11 février 1912 avait voté le remplacement du treillis qui couvrait l'ouverture du puits de l'école par des plaques de tôle "pour préserver l'eau de la contamination des feuilles et des fleurs des arbres voisins". :
après l'adduction d'eau dans le village, ce puits a été comblé avec des ordures (on ne se souciait guère à cette époque de la pollution de la nappe phréatique ! ).

Voici quelques images des quelques puits qui subsistent dans le bourg de Liorac : il est important de les conserver et de les entretenir.
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et quelques puits très anciens qui existent dans les belles demeures de la commune :
la Basserie, La Roche, les Bigayres et Gential. Il y en a d'autres pour lesquels je n'ai pas de photo. Au château de Carrieux par exemple, il existe devant la partie ancienne du château, un curieux puits-pigeonnier.
De forme ronde ou carrée, ces puits couverts sont bâtis avec les matériaux locaux, pierre calcaire ou grès et sont coiffés d'un toit à deux pans ou pyramidal couverts de pierres ou de tulles plates . On peut admirer les solides charpentes qui soutiennent le toit. Une manivelle permettait d'enrouler la chaîne sur l'axe horizontal en bois et ainsi remonter le seau rempli d'eau, ce qui suivant la profondeur du puits pouvait représenter un effort physique conséquent. Plus tard, des pompes prendront la relève...


@ Marie-France Castang-Coutou
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